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La résistance française, c’était Vichy

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La résistance française, c’était Vichy

Message par Assas le Dim 12 Avr - 17:23


De Gaulle n’a pas changé le cours de la Seconde Guerre mondiale


De Gaulle ou pas De Gaulle, les Allemands seraient entrés à la même heure dans Paris, l’armistice eût été signe à la même seconde.
Ensuite ? Ensuite c’est la même chose. On sait que De Gaulle apprit en ouvrant son journal le débarquement des Anglo-Américains en Afrique du Nord et la crise de colère qui s’ensuivit. Ce qu’accomplit alors l’Armée française, elle l’accomplit parce qu’elle existait de par la volonté de Pétain, d’Huntziger et de Weygand et sous le commandement anglo-américain.

Que De Gaulle ait approuvé ou critiqué les modalités du débarquement allié en 44, il eut lieu au jour choisi par Roosevelt et par Churchill. De Gaulle couché sous la dalle de l’Arc de Triomphe ou debout derrière son micro, le premier coup de canon eût tonné au même instant en Normandie.

Mauriac admire que l’existence d’un homme ait à ce point modifié l’Histoire. Il est vrai que si Staline avait été purgé en 36, son successeur n’eût peut-être pas signé le pacte germano-soviétique, qu’il eût inquiété Hitler au contraire, et assez pour le contraindre à la paix. Que Churchill ne soit pas là en 40, et l’on peut imaginer un Chamberlain signant une paix de compromis. Un autre que Roosevelt se fût peut-être opposé à la slavisation de l’Europe Orientale et de l’Europe Centrale.

Un autre que Hitler fut peut-être venu à bout du traité de Versailles sans tirer le canon. Et si après Mers el-Kébir, les Allemands avaient disposé à la tête de la France d’un Déat ou d’un Doriot, ils eussent pu obtenir la rentrée de la France en guerre contre l’Angleterre, tout au moins l’utilisation de notre flotte, donc la victoire, ce que Pétain leur interdit.

Mais De Gaulle ? Il n’a créé aucun événement entre 1940 et 1946, n’en a empêché aucun, ne les a marqués qu’à peine. J’entends par là que sans lui l’épuration eût été moins sanglante, le péril communiste plus vite écarté, mais l’on envisage l’Histoire de l’Europe ces détails ne sont que broutilles. Paris aurait été libéré huit jours plus tard, Royan six mois plus tôt, voilà qui ne vaut pas l’intervention de la divine Providence.

(…) S’il nous était donné d’assigner Hitler et Mussolini au Tribunal de l’Histoire, s’il nous était possible de leur demander quels coups ils ont reçus du général, ils nous répondraient, tout historien sera d’accord avec moi, ils nous répondraient : aucun.

De Gaulle a combattu en priorité des Français

(…) Si le général De Gaulle n’a pas changé l’Histoire, c’est qu’il a toujours limité son action à combattre ses collègues et ses cousins. Certes, aucun général au monde n’a vaincu, fait emprisonner ou fait périr autant de grands chefs militaires que lui. Sur ce point, Mauriac a raison de trouver que De Gaulle surpasse Napoléon. Mais il omet un détail : la nationalité des vaincus.

Certes, c’est par ordre de De Gaulle ou selon l’esprit du gaullisme que l’amiral Gensoul fut vaincu à Mers el-Kebir, le gouverneur général Boisson assiégé à Dakar, le général Dentz écrasé en Syrie et réduit à périr sous les chaînes, que tomba l’amiral Darlan, que fut capturé l’amiral Decoux, que tant d’autres amiraux, Marquis, Laborde, Robert s’abîmèrent dans les bagnes, et tant d’autres généraux que leur énumération commence de m’ennuyer et jusqu’au maréchal que le Kronprintz n’avait pu vaincre à Verdun, ni Ludendorff dans l’Oise.

C’est évidemment joli, et la seconde fournée des chefs d’armée défaits par De Gaulle est assez brillante aussi puisqu’elle va de Challe à Salan. Le maréchal Juin y coupa de justesse, de Lattre et Leclerc n’échappèrent au désastre que par une mort prématurée limitant la victoire de De Gaulle à quelques offensives heureuses contre leurs veuves. Parfait. Je consens bien volontiers à Mauriac que les généraux anglais vaincus par Jeanne d’Arc furent moins nombreux, mais j’appelle son attention sur la nationalité de ceux que terrassa De Gaulle.

La résistance, c’était Vichy

(…) Le grand mensonge se craquelle. Le jour n’est pas loin où les Français sauront que lorsque De Gaulle envoya en France ses trois premiers missionnaires, Rémy, Fourcaud, Duclos (alias Saint-Jacques), ils trouvèrent comme appui en terre françaises les services vichyssois, des agents du maréchal Pétain, des morceaux de l’armée déjà structurés pour résister par ordre du général Huntziger. Ce que les spécialistes savent, les Français finiront par le savoir : le premier mouvement de résistance civile est le mouvement d’Alsace et son chef, qui vit toujours, sait mieux que personne que le premier appui qu’il rencontra fut celui du maréchal Pétain qui lui fournit l’argent et le matériel qui lui étaient nécessaires.

L’un des missionnaires de De Gaulle, Fourcaud, à son retour de Londres, mangea le morceau : la résistance, c’était Vichy.
(…) Entre 40 et 44, l’œuvre de De Gaulle consista à s’adjuger des victoires qu’il n’avait pas gagnées, à s’attribuer des mouvements qu’il n’avait pas suscités, à prendre en main une turbulence héroïque à laquelle il n’avait pas participé. Car, dès que le drame eut été annoncé par les trois coups fatidiques, De Gaulle était à l’abri.

Jacques Laurent – Mauriac sous De Gaulle (1962)
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